Conférence : FACE B A L'ECOLE NATIONALE SUPERIEURE D'ARCHITECTURE DE PARIS MALAQUAIS 12h30-14h00, Amphithéâtre des loges, 14 rue Bonaparte, Paris 6, entrée libre
Benjamin Lafore, Aurélien Gillier et Sébastien Martinez Barat, rédacteurs en chef de la revue face b, Architecture from the other side, jouent les élèves prodigues et retournent à l'école pour une conférence présentant leur publication.
Soirée Doki Doki : RELEASE PARTY "ASPER #1"
UDO, 4bis rue neuve Popincourt, 11ème, 20H, gratuit
Pour fêter la sortie du vinyl ASPER#1 comprenant sur une face un extrait du live du 22/09/09 de NOYADE ("No man has authority to restrain the wind with the wind") et sur l'autre TOMOKO SAUVAGE ("The naked island", extrait du live du 06/11/09) Doki Doki invitent le duo Berlinois Jeudi Pop (musique concrète, electropunkpop ambiant).
Live : MAMAN PARTY #2 La Flèche d'Or, 102 bis rue de Bagnolet, Paris 20, 8e avec conso.
Club: REVENGE OF THE NERDS #3 Nouveau Casino, 109 rue Oberkampf, 11ème, 0H, 11/12e
Pour cette 3ème édition, les nerds invitent: -les Djs et Mcs de RADIOCLIT, pionniers dans l'approche électronique de la musique africaine. -Dj SEDUCTIVE, le Dj/producteur hollandais playlisté par la plupart de ses confrères internationaux, de Diplo à Congorock. (1ère date française) -GHENGIS CLAN. Synthé, "dutch house" et samples exotiques. -Revenge of The Nerds team
SALON "QUATRE REVUES, BRUXELLES" Feat. ENTRISME, face b, POLI, KAISERIN 8 rue du Congrès, Bruxelles. Entrée libre. Le micro-salon des revues indépendantes et contemporaines "Quatre revues" se tiendra cette fois-ci à Bruxelles, samedi 19 décembre 2009, de 15H à 22H, rue du Congrès-Congresstraat 8, 1000 Bruxelles, Belgique (M° Park & Madou )
"Mix de chambre" par Handless et DanceMachine (High Needs Low) "Tatouage superficialiste" par Antoine Capet
Entrée libre | Magazines en vente (règlement en espèces ou par chèque bancaire uniquement) Cheap drinks: Mono Cocktail
Massimilian et Nina Breeder, 87 mn, No Crew, Lowave, 2009.
Massimilian et Nina Breeder ont arpenté les Etats-Unis en voiture. Ils se sont filmés traversant de vastes paysages plus ou moins sauvages. L'objet est hybride, entre film d'artiste et documentaire, discours sur la communion de l'homme avec la nature et celle des hommes entre eux (communion du couple plus particulièrement qui s'achève dans un climax cannibale du meilleur effet). Si cet aspect rappelle le 29 palms de Bruno Dumont, il convoque aussi les road-movies du nouvel Hollywood. L'ennui latent de ces longues routes droites jalonnées par des stations-service et des motels identiques, se répétant inlassablement au fil des kilomètres, éclipsés ponctuellement par des panoramas dignes d'intérêt. Il s'agit ici de se confronter à la nature à travers une tentative d'épuisement du sens de la vie. Les cadavres d'animaux ponctuent le voyage, fascinants motifs en décomposition. Reste une errance sans but dans une contrée clôturée par l'océan, voyage voué à l'échec car rien n'est plus à découvrir. Seule solution pour eux, s'ingérer pour vérifier qu'ils étaient bien vivants.
A l'occasion de sa sortie en DVD après un passage remarqué au festival Hors pistes 2009, Lowave offre 5 DVD du film aux 5 plus rapides à nous envoyer un mail sur contact@entrisme.com.
New York, juillet 1994. Aux environs du 4 juillet, fête nationale aux Etats-Unis, se développe un commerce bien particulier, la contrebande de feux d'artifices. En effet ceux-ci sont illégaux dans l'état de New-York pour des raisons de sécurité. Alors, afin d'acquérir les précieux feux de Bengale et autres fusées colorées, il faut se rendre aux corners, carrefours où les dealers attendent les clients dans le Lower East Side, Little Italy ou Chinatown. On se croirait justement dans The corner, cette série sur les dealers de rue de Baltimore. Les vendeurs risquent des amendes pour possession d'explosifs, mais la police semble assez laxiste sur le sujet, leur demandant juste de se déplacer de temps en temps et distribuant quelques p.v. quand le tout est trop voyant. Si le sujet peut paraître absurde il propose une rapide observation du fonctionnement de ces réseaux illégaux. On regrette cependant que le coeur de l'action ne soit qu'effleuré car on semble percevoir qu'il y a du trafic d'explosif là -dessous, et pour le coup, ça deviendrait vraiment intéressant d'en savoir plus.
Si vous avez loupé son passage au NY independant film and video festival au mois d'octobre le DVD est disponible à la boutique En Face, 2 rue Jacquard dans le 11ème.
"J'habite dans une ville où votre magazine n'est pas distribué (Chambéry) mais j'ai eu l'occasion de le lire. Il est superbe. Je me permets de vous envoyer ce billet d'humeur sur deux livres affligeants alors que leur sujet (Koltès) est important.
Cordialement."
JP Gavard-Perret
KOLTES CASTRATION : ACTE I, Scènes 1 et 2.
«Bernard-Marie Koltès», par Brigitte Salino, Stock, 360 p.
"Lettres", Bernard-Marie Koltes, Editions de Minuit.
« Assez les images » faisait crier Beckett à un de ses derniers personnages. Et c’est ce qu’on voudrait adresser aux personnes (morales) qui ont édité d’une part la première et affligeante biographie de Koltès et d’autre part la publication soigneusement expurgée de ses lettres. A vouloir faire d’un écrivain unange (comme à l’inverse une bête) celui-ci n’y gagne rien. C’est parce qu’il fut pingre parmi les pingres que Lacan développa la théorie lumineuse tout en jouissant de sa part d’ombre. Céline à l’inverse ne fut pas le pire des hommes et le plus génial des écrivains. C’est parce qu’il fut parfois le plus douloureux des humains qu’il devint parfois le pire des écrivains. La morale n’a donc rien à faire lorsqu’il s’agit de mettre à nu un écrivain ou de publier des lettres personnelles et intimes. Les deux hagiographes qui se sont penchées sur le cas Koltès l’ont oublié. Ellesprésentent deux entreprises d’un genre que Bernard Noël nomme « la castration mentale ».
Brigitte Salino, chroniqueuse au bien pensant Nouvel Observateur, a rencontré ceux qui ont connu Koltès : sa famille, ses amis de théâtre et quelques autres. On retrouve par exemple et avec grand intérêt le témoignage sans concession de Chéreau. Il évoque sans fioriture ses brouilles avec l’auteur, furieux de le voir jouer «Dans la solitude des champs de coton» mais devant admettre : « Un : je ne peux pas te reprocher toute ta vie de ne pas être noir. Deux : quand tu joues, on comprend très bien le texte. Trois : tu fais rire. Quatre : les salles sont pleines. » Reste que Brigitte Salino ne se mouille jamais et fait dans la nouille. Mais la biographe se contente trop souvent de la description des paysages qu'affectionnait Koltès. De la Lorraine en passant par New-York sa ville fétiche. Toutefois en ce livre les back-rooms et les lieux « interdits » sont sagement passés sous silence. Et ce n’est pas en s’imbibant des musiques que le dramaturge affectionnait (de Bach à Bob Marley mais en oubliant les musiciens électro et minimalistes)qu’on fait une bonne biographie. Certes Brigitte Salino s’est immergée dans les archives de l’auteur. Toutefois elle a gardé non la bonne distance mais une distance morale qui lui faire perdre de vue l'essentiel et avant tout ce que Koltès lui-même eut soin de passer sous silence. En particulier au nom de sa mère adorée mais laissée loin de ses secrets les plus intimes. On tombe ainsi trop souvent dans la mièvrerie du type « Un jeune homme marche vers vous, et sourit. ». C’est propre mais ça ne mange pas de pain…
Il en va de même pour la publication de ses lettres. Celles qui sont présentées sont « cleans ». Rien n’y dépasse. Des lettres existantes et que la responsable de l’édition a eu en mains ont été « sagement » oblitérées. En témoigne par exemple tout un ensemble envoyée de New-York à un ami de Strasbourg (on le nommera Alain X) que l’éditrice a jugé bon de ne pas publier pour des raisons de convenance sans doute eu égard à la famille. Elle est chez Koltès très importante. Aussi bien dans son œuvre que dans sa vie. Fallait-il pourtant ne publier que les lettres très sensibles à son frère François Koltès, à son neveu Emmanuel et bien sûr à sa mère ?Pour le reste, le silence règne comme s’il s’agissait par cette édition de répondre à l’injonction de Deleuze "On ne délire pas sa famille, on délire le monde".
Dans les deux ensembles bien des aspects restent dans l’ombre ou l’entre dit. On ne citera par exemple l’importance du père séminariste, puis militaire de carrière. Cette présence est capitale comme modèle inversé et comme source d’information, de formation mais aussi de déformation sur divers pans de l’histoire de la France ( la Seconde Guerre mondiale, guerres coloniales). Il en va de même avec la figure maternelle aussi adorée qu’édulcorée. Les deux livres ont préféré à une analyse ou une présentation des profondeurs ne retenir que le plus visible. A savoir des perspectives historique, politique et littéraire qui demeurent superficielles, anecdotiques. Le rôle du Parti Communiste et de ses communautés militantes est surévaluées à dessein au détriment de points plus importants. Certes Koltès est contemporain de la dissolution des ordres politiques anciens mais on oublie la figure de l’étrange et de l’étranger qui parcourt sa vie et son œuvre.
A cette plongée les deux fées du logis ont préféré le possible et le beau. Elles ont montré une figure rimbaldienne soft de l’auteur. Certes cela donne de belles pages comme en témoigne cette lettre : « Je reste persuadé que la vie est ce qu'on en fait, et qu'il n’est pas d’âge qui soit particulièrement malheureux — si ce n’est celui où l’on abandonne la partie — et on peut l’abandonner à tout âge. Je trouverai la vie laide le jour où je me mettrai assis et ne voudrai plus me relever. Pour le moment — pour moi —, vingt ans, c’est l’âge d’une grande décision ; c’est l’âge où je risque ma vie, mon avenir, mon âme, tout, dans l’espoir d’obtenir plus ; c’est l’âge où je travaille sans filet. C’est terrible, bien sûr... mais n’est-ce pas cela, vivre ? Il me semble que je ne pourrai pas dire, plus tard, d’un air désabusé : "Ah ! Si j’avais vingt ans !" ; je ne crois pas non plus que je pourrais gémir en disant : "vingt ans : une bien triste période..." Je ne souhaite qu’une chose : c’est d’être capable toute ma vie de prendre des risques et ne jamais vouloir m’arrêter en chemin. N’est-ce pas cela, "avoir toujours vingt ans ?" On le constate Rimbaud n’est pas loin.
Mais c’est là faire l’impasse à la fois sur le substrat et les conséquences d’une telle affirmation. Les éditrices se sont refusées à pénétré les miasmes. On comprend leurs réticences au nom d’une politesse envers les proches. Mais l’appréhension de l’homme et de l’oeuvre n’y gagne rien. Au contraire. On rêve d’un livre écrit par Chéreau sur l’auteur. Il écrivait lors de la mort de l’auteur : « C'est une dure loi, celle qui veut qu'on ne doit pas se contenter de subir la perte ignoble d'un ami, mais qu'il faut témoigner, en quelques lignes écrites hâtivement, de l'affection et de l'admiration profondes qu'on lui porte ». Il ajoutait « Bernard n'aimerait pas beaucoup les quelques mots que j'essaie ici de mettre bout à bout ». Mais il aimerait encore moins les deux livres qui sont parus pour « saluer » les 25 ans de sa disparition. Du météore qui traversa trop rapidement la seconde moitié du XXème siècle, les deux livres ne rendent que parcimonieusement et frileusement compte. La violence de la création et la solitude de l’auteur étaient difficiles d’accès. Ces deux livres le prouvent mais ne permettent pas de les comprendre : tout juste de les illustrer.
La biographie capote. Les lettres choisies n’amènent rien de décisif à la connaissance de l’œuvre et de l’homme si ce ne sont de vagues confirmations. Tout cela témoigne d’une courtoisie de penser et d’un enthousiasme trop pieux. On en vient parfois à perdre de vue que Koltès est celui qui avec Novarina a repris l’héritage de Beckett pour le porter par d’autres voies et voix encore plus loin. Il met à jour les placards de l'Histoire, les secrets que chaque famille porte. Il a inventé aussi la mythologie post moderne.Mais dans ces deux publications rien n’est dit du sombre, du sordide, du désespoir ordinaire, de la dureté et de la cruauté mais aussi de la comédie de la vie et de l’œuvre. « Il n'y a pas d'amour il n'y a pas d'amour »”, dit l'un des deux personnages de « Solitude dans les champs de coton ». Koltès tenait à cette phrase mais il demandait qu’elle soit dite sans le moindre pathos. Dans ces deux livres à l’inverse il y a trop d’amour et trop de pathos. C’est généreux mais sans grand intérêt Reste – mais n’est-ce pas là le plus important ? - à nous débrouiller, nous les sentimentaux, avec une œuvre qui ne se donne pas facilement.
Souvenons nous de cette phrase de « Solitude » : « Non, vous ne pourrez rien atteindre qui ne le soit déjà, parce qu'un homme meurt d'abord, puis cherche sa mort et la rencontre finalement, par hasard, sur trajet hasardeux d'une lumière à une autre lumière, et il dit il donc ce n'était que cela ».Koltès offre le destin et la vindicte d’une image dont on revient l’oeil torveet les mains vides.Il a multiplié les fragments de notre nuit sans vérité. Par avanceil a ouvert une brèche face à la pornographie des images de prime-time.Il offre une commotion “ cérébrale ” et une jouissance dont l’intérêt majeur tient au fait qu’elle reste toujours une faillite de la maîtrise. Contre l’omniprésence de la facticité il a monté l’horreur contre l’horreur (souvenons nous de son « Roberto Zucco »). Ses images sont impies. Elles sont l’inverses de celles es bonnes soeurs de Klossovski qui fourbissent par leur piété un supplément d’excitation libidinale et uneerreur essentielle dont elles se remettent pas, dont elles ne sortent pas vivantes. Pour Koltès le théâtren’est plus la gestion de l’hygiène fantasmatique de la société. C’est une caresse qui ignore ce qu’elle caresse. L’image dans son œuvre est une chienne irradiée et non une mère vénérée. L’ image est une chienne mère vénérienne. Elle ne nous assigne plus à résidence forcée. Ellene vient pas nous bercer et nous border. L’image est une marâtre. Brigitte Salino ne pouvait le dire. Koltès ne pouvait dans ses lettres l’avouer. On pardonnera toutefois les maladresses de ses deux livres même s'ils ne suffisent pas à distinguer le paysage en désolation dusens à accorder à une destruction qui traduit une limpidité d’apparence mais qui représente ni un principe, ni un verdict.Les bons sentiments parlent pour eux. Toutefois on le sait depuis Gide (et même depuis Sade) « ce n’est pas avec de bons sentiments qu’on fait de la bonne littérature ». Et encore moins ce travail impossible que représente une biographie…
Nous célèbrerons la sortie d'ENTRISME #3 les 7 et 8 novembre à l'occasion de la première édition de "Quatre Revues, Paris", le micro-salon des revues indépendantes et contemporaines, en compagnie de Face b, KAISERIN, Poli et Laser magazine.
Au mois de Mai dernier Entrisme magazine avait été invité à faire partie de l'exposition "We love Magazine Library" à Tokyo.
Tokyo nous plébiscite à nouveau. Entrisme magazine fera ainsi partie de l'exposition Magazine Library à l'occasion de la Tokyo Designer Week: 100% Design.
100% Design 30 octobre au 3 novembre 2009.
2-3, Kasumigaoka-cho, Shinjuku-ku, Tokyo, 160-0013 Japan.
à l' ESPACE B, 16 rue Barbanègre, PARIS 20, 5 euros
Les Américains de TIMES NEW VIKING présenteront leur nouvel album, "Born Again Revisited" (Matador / Beggars).C'est de la pop enregistrée par des punks. Crado. A priori un bon moment, de toute manière le son ne pourra pas être plus sale que sur l'album. LO-FI. http://www.myspace.com/timesnewviking
Side-project de Gaëtan, Julien et Pierrick (Adam Kesher), A FIGHT FOR LOVE ouvrira. Les critiques définiraient leur musique comme un "savant mélange psyché de garage moite et de pop tropicale bwatarythmée". http://www.myspace.com/afightforlove
Après avoir croisé Thomas Lélu dans un club, on se dit d'abord que ce mec a l’air vraiment bien dans ses baskets. Il n'a pas l’air mystique, ni culcul. L'impression se confirme en voyant ses travaux plastiques ou en lisant Je m’appelle Jeanne Mass dont le majestueux incipit « Je m’appelle Jeanne Mass et je suis videur au Coconut Café » avait coiffé sur le poteau le mélancolico-relou « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. ».
Avec son journal, Thomas est devenu chiant. Suite de name-dropping, de noms de clubs, et de micro-angoisses amoureuses. Son côté potache ne pouvait durer éternellement mais de là à faire du Claude Lelouch remixé par Anny Duperey ( «L’amour quel joli mot !» page 99)... On se dit que finalement, on ne rate pas grand chose à se faire refuser l’entrée du Chacha, et que Facebook a tué son roman. Les meilleures sentences sont les headlines de son profil, et les lieux cités sont moins bien décrits que ne le font les flyers postés sur son mur. Et puis, terminer ses phrases par le fameux « Ou pas. », déja atroce a l’oral, donne vraiment envie de chialer quand on le lit. Les plus belles pages du roman sont celles où il parle à la place de sa copine décrivant leur rencontre (pages 56 à 61). Thomas, commence une transition,
par Léonard Vassago
Thomas Lélu / Le Parisien / Flammarion / 265 pages / 18euros
Notre amie Annabelle voulait célébrer dignement son emménagement. The Death Set étant encore à Paris, nous nous sommes dit qu'improviser un concert dans le salon serait une bonne façon de pimenter la fête.
Un an après leur concert dans la chambre d'Antoine Capet (premier live sauvage d'Entrisme) et quelques mois après leur passage remarqué aux Transmusicales de Rennes, nous faisons revenir The Death Set (Ninja Tunes) en collaboration avec Jetboy. Le groupe de Johnny Siera entame une nouvelle tournée européenne, elle débute à Paris jeudi 9 juillet à la Mécanique Ondulatoire.
The Death Set, trio phare et hystéro de la scène new punk américaine (Team Robespierre, Japanther, Matt and Kim, Best Fwends..), a pris l'habitude de donner des lives sauvages et stupides un peu partout dans le monde, il remettra ça une fois encore.
Le groupe jouera à Paris et lors la tournée française avec This Is Pop, new punk locaux, dont le premier album sortira (enfin) à la rentrée.
Dj Set assuré par les Bosco, Dj's et producteurs (Frustration, Magnetix, This Is Pop...).
SAMEDI 13 JUIN, 18-20H : Centre Pompidou, entrée libre dans la limite des places disponibles
Pour annoncer la sortie du premier numéro de la revue Poli - Politique de l'image, la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou accueille une séance exceptionnelle mêlant concert et conférence autour de l'icône pop Britney Spears et de ses fans remixeurs.
Laurence Allard, maîtresse de conférences en sciences de la communication à l'université Lille 3, interviendra sur le thème de la politique du remix, du web 2.0 et des publics créatifs en s'appuyany sur une playlist Youtube. A l'heure des publics participatifs, produisant activement des contenus sur Internet et téléphonie mobile, cette séance se veut un moment de réflexion autour des transformations actuelles des industries culturelles.
Cette conférence sera suivie par un concert de reprises de chansons de Britney Spears. Comité Central, Viande Pétrole, This Is Pop, La Maman et la Putain et l'Homme Puma revisiteront le répertoire de la chanteuse.
Le premier numéro de Poli - Politique de l'image, diffusé par le Comptoir des indépendants, sortira le 12 septembre 2009. Un dossier sera consacré au thème "Repenser les industries culturelles avec Britney Spears", avec notamment des contributions de Laurence Allard, Comité Central, François Debruyne ou Henry Jenkins. IL s'agit ainsi d'ouvrir la voie vers une approche sociologique, économique et politique des conditions de production et de réception des icônes pop à la lumière de l'expansion du web 2.0 et des technologies de communication.
Flash Cocotte et ENTRISME s'associent à la Java et invitent pour l'occasion : -le duo anglais You Love Her Coz She's Dead, -l'incontournable DJ bruxellois Handless, -la ville rayée et leur photocall. Les quatre inépuisables cocottes de service, Dactylo, Nizar, Pipi de Frèche et Pousse Disque assureront à l'habitude leur Dj set et la team ENTRISME vous réserve quelques surprises dans la soirée...
Dimanche j'étais au Stade de France, et qu'on ne me parle pas de second degré.
Johnny je le connais par coeur. Entre 10 et 14 ans je collectionais les disques rock, Elvis, Gene Vincent, Les Chats Sauvages, Fats Domino, Dick Rivers, Little Richard, Shakin' Steven... Mais c'était Johnny le boss, j'avais son poster grandeur nature au mur de ma chambre, à côté de l'étagère où étaient disposées les coupes remportées au vélo. Comme figure paternelle Johnny était une bonne alternative, moins chiant, plus romantique que mon père, et même si la concurrence était rude j'avais toujours un faible pour lui. J'étais fasciné par son look, à la fois rocker yéyé, hippie, couillu à la Mad Max... Un putain de phoenix. J'aimais aussi le cuir et les clous. Et ses shows à l'américaine. J'aurais aimé naître plus tôt, et vivre son arrivée au Parc des Princes en 93. Et puis Johnny était malheureux, moi aussi, nous nous comprenions. Les soirs de semaine, vers minuit, je fumais en secret ma clope à la fenêtre, en fixant l'abribus. Je l'écoutais. Mes parents étaient cons et lâches, comme Diego j'étais incompris et prisonnier. Le lendemain dans le bus 55 je fusillais du regard mes camarades les plus populaires, Gabrielle en soutien dans le discman.
Le Supi n°2 vient de paraitre, revendiqué "feuille de chou" moderne et graphique par son créateur Michel-Ange Vinti (bitchy butch, S.O.T.T.E). Le SUPI est une publication franco-belge activiste queer dont l'interet réside dans sa version papier, sa conception graphique et son pliage. Comment publier quand on est fauché et au chomage? Le résultat est disponnible sur demande auprès de son créateur ici: lesupi.bxl@gmail.com. Le graphisme a été confié au belge Patrick Croes et au nombre des contributeurs figure Tapette, un de nos chers collaborateurs. "Drôle, intelligent, décalé, moderne et pop, le SUPI se plie en quatre pour être dans toutes les poches", nous dit Têtu. Alors...
KAISERIN, a magazine for boys with problems, n°6, sort le 5 juin, son thème: minimal queer. Magazine graphique parisien, pédé, arty, bilingue, so chic, fondé par Didier Fitan et Arnaud-Pierre Fourtané en 2006, KAISERIN présente en outre dans ce numéro une contribution de La Ville Rayée, groupe d'architectes interviewé par nos soins il y a deux numéros, décidement!
Réalisé par le collectif Othon, un filmsur la pensée de 7 militants sarkozystes parisiens et nantais, qui répondent aux questions de militants de gauche.
Deux ans après l’élection de Nicolas Sarkozy, il est utile de se souvenir des thèmes grâce auxquels ce dernier a réussi à se faire élire, et surtout comment les militants avaient intégré son programme…
C’est quoi être de droite? Différence/ressemblance avec l’extrême droite? La valeur travail, le mérite? Le patriotisme? Mai 68? La repentance? La culture?..
Ce film a été réalisé sur deux ans. La plus grande partie a été tournée en juin 2007, juste après l’élection présidentielle. Un an après, une fois le montage finalisé, il est présenté à tous les intervenants. Chacun a ensuite quelques minutes pour donner sa conclusion et son avis sur ce qui a été conservé au montage.
(Virginie Yassef, Il y a 140 millions d'années, un animal glisse sur une plage fangeuse du Massif Central)
LA FORCE DE L'ART 02. (Exposition au Grand Palais à Paris, du 24 avril au 1er juin)
"Manifestation triennale organisée à l'initiative du ministère de la Culture et de la Communication, La Force de L'Art offre une scène à la création contemporaine en France et aux artistes qui l'animent, dans la diversité de leurs origines et de leurs choix esthétiques". Les salauds. Ils avaient essayé de nous dissuader mais la perspective de se gaver gratos au buffet en écoutant Christine Albanel citer Victor Hugo était trop attractive. Deux désillusions en arrivant sur les lieux : impossible de garer un vélib' dans le quartier, l'expo Wharol ne désemplit pas, angoisse. Les trois commissaires, Jean-Louis Froment, Jean-Yves Jouannais et Didier Ottinger, "réunis par leur profond attachement au respect des oeuvres dans leur indépendance, leur logique et leur identité" ont ainsi confié la scénographie à Philippe Rahm, architecte en plein buzz. A la manière de l'installation proposée lors de la dernière biennale de Venise, sorte de matrice météorologique sur laquelle les membres de Syd Matters tambourinaient nus en mangeant des piments, le Suisse offre cette fois un dispositif de présentation intitulé "Géologie blanche", structure atmosphérique en placo. Hélas le blanc virginal a vite noirci sous les semelles des journalistes entourant la Ministre qui traversait l'exposition au pas de charge, dispensant ses premières réactions. "Ah oui quand même", "curieux", "c'est amusant", "oui les femmes artistes sont sous-représentées" , une attention pour chacun. A 12h57 Jack Lang zonait autour du "International Kebab" de Wang Du. Dans l'allée centrale, un groupe de freaks défraichis donnait le change, procurant à quelques naïfs l'impression qu'il pouvait se passer quelque chose. Ainsi Orlan, Fabien Verschaere et Anita Molinaro devisaient-ils sous la griffe préhistorique de Virgnie Yassef. Le soleil à travers la verrière, combiné avec la consommation immodérée de mimosas, affirmait la suprématie de ma subjectivité. Je retiens le vivarium moisi de Michel Blazy, la bibliothèque obsolète de Julien Previeux, les colonnes de Didier Marcel, le Pento de Marc-Olivier Wahler. On oubliera la couverture de Beaux-Arts, plus anachronique encore que le chapeau de son mentor. A 13h36 Jack cruisait toujours, désepérement seul.
"Et tout d'un coup, le souvenir m'est apparu." (M.P.)
SEXY SUSHI - Tu l'as bien mérité! (Scandale ! rec / La Baleine)
Hum. On y est. Voici enfin l'album de Sexy Sushi, le disque que j'attendais avec impatience au début de la décennie. Ce groupe m'excitait à mort. Moi et mes potes avions eu une vraie révélation. "- Tu te rends compte c'est de la techno avec l'esprit du punk, en plus il paraît que la chanteuse est gouine! - Oui je sais c'est incroyable on dirait que ce groupe a été créé pour nous." Parfois nous gagnions Nantes depuis Tours avec la Clio de maman pour aller les voir au Castel, j'enquillais un max au volant pour être sûr d'arriver au top sur la piste. J'avais conservé précieusement le cd gravé qu'ils distribuaient à la fin des lives, "Petit pd" était mon hymne, je communiais à fond. Pour moi le groupe avait depuis disparu, j'avais changé de came, ça m'arrangeait bien. Je me trompais, Scandale! records sort à présent le premier album tant attendu des "Sushi", et je suis perplexe. Comme Grégory et Fabien, mes amis du collège, j'ai peur de ne plus trop les assumer aujourd'hui, en fait ils sont cools mais un peu lourds avec leur humour régressif. Mais finalement après quelques bières ca reste super fun de jouer à touche-pipi.
Release party : Jeudi 7 mai à la Maroquinerie (Paris 20e)
Imaginez mon enthousiasme à l’idée de découvrir en avant-première La Journée de la jupe, le film qui marque le retour d’Isabelle Adjani à l’écran après six ans d’absence. C’est avec le rôle d’un professeur de français borderline en ZEP qu’elle crée le buzz. Quelques semaines auparavant, elle apparaissait déjà à la télévision, lors de la cérémonie de remise des Globes de cristal. L’image d’une Adjani plus que boulotte, tentant de camoufler son goitre derrière des dentelles et des tulles noirs collés sur son visage bouffi (un hommage au Lido soi-disant…) faisait le tour du monde. C’est bouillant d’impatience et frétillant de curiosité que je m’installais devant mon écran de télévision, avec des Pyrénéens en guise de dessert, le film commençait : Dans la salle de théâtre d’un collège/lycée de banlieue, une prof à bout de nerfs, subissant quotidiennement les insultes, humiliations, violences et menaces de ses élèves pète les plombs et prend sa classe en otage. Un huis-clos sous tension s’installe. Le film à peine commencé, on se demande où l’on est tombé. Tous les clichés banlieusards sont servis en vrac : tournante, racket, verlan , Coran, misogynie, trafic d’arme, antisémitisme… La tragédienne Adjani, connue pour ses nombreux rôles de femmes torturées, ne manque pas à sa réputation en étant ici littéralement hystérique. Le comportement de la prof qu’elle incarne (surnommée par les élèves « Bouboule ») oscille d’une seconde à l’autre entre la folie la plus totale et la neurasthénie, entre le sadisme, le désir de vengeance et la volonté de poursuivre coûte que coûte son cours sur Molière. Rien n’est crédible, tout n’est qu’invraisemblances. Mouss, le caïd, blessé par balle à la jambe et se vidant de son sang depuis une heure, trouve ainsi la force de renverser sa prof et de la rouer de coups. Jackie Berroyer, le proviseur, est à la ramasse, Denis Podalydès en négociateur pire encore. Restera dans les annales la scène où l’enseignante assomme à coup de boule un élève et s’écrit « : « Zidane il a marqué, coup de boule, coup de boule, la boulette ! »… Le film prétend briser les tabous et porter un message féministe. Il est caricatural au possible. Le réalisateur réussit tout de même à retenir l'attention du spectateur grâce à un semblant de suspens et de multiples rebondissements correspondant au passage de l’arme entre les mains des différents protagonistes. Quand défile le générique de fin, c’est abasourdi et sonné que l’on sort de cette salle de cours. Récompensé avant même sa sortie par une pépite de cristal, le film a explosé les records d’audience lors de sa diffusion en avant-première sur Arte.
TAPETTE
UNE JUPE PEUT EN CACHER UNE AUTRE
Il faut le voir pour le croire. Isabelle Adjani portant en étendard la jupe contre le voile. Il faut se pincer pour ne pas avoir la sensation de rêver devant la mise en scène du bras armé de l’idéologie laïcarde. Il faut soutenir le regard, face à l’adaptation téléfilmique de la grande narration républicaine. Il ne faut pas baisser les yeux, ni baisser la garde, devant une Adjani possédée par les grands noms du canon français. « Jean-Baptiste Poquelin ! Jean-Baptiste Poquelin ! » Il faut prendre le film à la hussarde, et bien contre lui saisir que la prise d’otage de la classe n’est rien d’autre que l’exposé brut de la violence ordinaire de la pédagogie frontale, disciplinaire et bourrative. La boulimie de haute culture fait enfler, et pas que les chevilles, Adjani le sait.
Il faut la voir se glisser dans l’écrin sur-mesure d’un rôle de prof habitée, qui cache ses origines algériennes comme un secret à taire. Il faut profiter de la « révélation » dramatique de ses ascendances pour relire le personnage à l’aune de l’histoire politique contemporaine et percevoir que sous les traits de la protagoniste Sonia Bergerac (oui, comme Cyrano) se cache la figure de proue de Ni Putes Ni Soumises. Il faut entendre résonner le discours de Fadela Amara, égérie d’une forme de féminisme d’Etat complice du racisme institutionnel, promue secrétaire d’Etat à la ville et ses banlieues. Il faut tendre l’oreille et écouter les échos entre le discours de l’une et la jupe de l’autre, les diatribes communes contre « l’islamisme», les violences faites aux femmes dans les « quartiers », la dissolution des valeurs françaises et républicaines… Il faut saisir la logique racialisante qui sous-tend le discours sur les « banlieues » comme espace privilégié de la violence contre les femmes. Ne pas fermer les yeux devant la récupération étatique du discours soi-disant féministe de NPNS légitimant l’odieuse politique d’exclusion des filles voilées du système français et la constitution des garçons arabes comme « classe dangereuse ».
Il faut se rappeler que la Marianne pas pute et pas soumise, figure de l’ultra-intégration plus républicaine qu’il n’est humainement possible, proposait de troquer les voiles contre la jupe et la féminité blanche et straight. Il ne faut pas oublier l’empressement du Ministre de l’Intérieur d’alors d’embrasser la cause des femmes voilées et violés, et d’accuser les « racailles » des quartiers sous couvert de féminisme.
Ne pas s’adonner au plaisir de la Jupe, sans se pencher sur les cris d’amour que lui lance en ce moment la blogoshpère de la droite et de l’extrême droite française :
« [Adjani] incarne un professeur en pleine crise de nerfs face à des élèves pour la plupart d’origine arabe ou africaine qui la traitent avec mépris et utilisent le Coran comme justification de leur attitude. On est loin de l’angélisme béat multi-culturel des bisounours Laurent Cantet et François Bégaudeau […]. Adjani a choisi, elle, de nous balancer la réalité dans la gueule, ce qui va ouvrir les yeux à certains […].[L]e tabou est levé, on attend avec délectation les couinements de SOS-racisme, de la Halde, des MRAPistes et autres idiots utiles du racisme anti-occidental ». voir ici
Ne pas s’en tenir là et continuer la lecture de la réception jusque sur le site de Ni Putes Ni Soumises :
« Madame Bergerac, professeur de français en Seine Saint-Denis, prend un peu par hasard et sans préméditation sa classe en otage. […] Revolver braqué, [elle] peut prononcer le nom de Molière sans être huée ou interrompue. Une arme est-elle nécessaire pour maintenir des élèves au calme et leur expliquer que la laïcité de l’éducation nationale est un principe non négociable ?[…] [L]e vrai sujet du film, c’est bien la situation des filles dans les quartiers populaires. Ainsi, l’enseignante aura une revendication précise : l’instauration d’une Journée de la Jupe, pour que les femmes et jeunes filles puissent porter une jupe, sans être insultées de « pute ». C’est bien là le discours de Ni Putes Ni Soumises, retranscrit à merveille dans le film de Jean-Paul Lilienfeld. Courez dans les salles de cinéma pour voir cette œuvre, et surtout, revendiquez vous aussi une « Journée de la Jupe » ! » voir blog NPNS
Ne pas rire, ni céder au mépris facile, devant le dérapage de langue, ici reproduit par NPNS, qui constituait le morceau de choix du très juste Entre les murs. Ne pas se laisser aller à la facilité en soulignant qu’on « traite de pute » ou on « insulte », mais qu’on n’«insulte pas de pute », comme dirait le personnage de Bégaudeau.
Ne pas se limiter à pointer la médiocrité de la mise en scène, l’absurdité du scénario et l’incongruité du casting. S’engager dans un décodage critique de l’incarnation de formes politiques historiques – le sarkozyme et le féminisme d’Etat républicain islamophobe et raciste – dans les cultures audiovisuelles actuelles.
Jeter le vinyle de « Pull marine » et remettre des pantalons.
Depuis trois ans, le collectif/vivier "Je suis une bande de jeunes" produit des photographies et les présente sur son site ou dans des fanzines, tirés à 10 ou 20 exemplaires, avec de jolis papiers mixés. Des clichés de routes de chaises ou de parcs, mais pas chiants. JSBJ fait partie de ceux que nous voulons copier. Aujourd'hui le collectif change l'échelle avec Taxis pleins, Taxis vides, 500 exemplaires numérotés, couleur, offset. Encore et toujours des photographies, réalisées ici par Alana Celii, Aurelien Arbet ou Daniel Augshoell, pour se cantonner aux premières lettres de l'alphabet. En bonus une préface de Jeff Rian, fozz musicien et rédacteur chez Purple. La boucle est bouclée.
Le thème c'est CHEVEU, pas le groupe le poil. Une trentaine d'individus a écrit/designé/expérimenté/bâti à partir de la racine. Au final une somme de productions hybrides : parfum-laque, coiffure-maquettes, chignon-caméra, cravate-natte et autres balai-brosses. Une peu comme si Sadako avait bouffé Man Ray et Maroussia Rebecq. Il y a aussi une belle édition recueillant textes et photographies, facing impecable dans la Bibliothèque Sophie Vigourous. Et puis la Violaine Schütz nous a fait une playlist.
HAIR 140, au L140, 36, rue Durantin, Paris XVIII Jusqu'au 30 mars, heures d'ouverture : dimanche et lundi de 13h à 19h
Cette année, Hors Pistes collabore avec ENTRISME. Hors Pistes a pour ambition de fédérer certains territoires du cinéma d’aujourd’hui, particulièrement leurs marges et leurs confins. Hors Pistes choisit des films qui rencontrent de façon décalée le fantôme de la fiction et se confrontent aux réalités du présent. Plus de quarante artistes audacieux s’apprêtent ainsi à marquer de leurs empreintes cette 4ème édition en offrant des regards décalés sur le monde contemporain. Autant d’images transformistes que réunit Hors Pistes. www.centrepompidou.fr/horspistes2009
Je prends une menthe a l'eau en regardant le mec d'en face prendre de la coke. Je devrais penser à mieux me fondre dans la masse. Je commence à en avoir marre des bosses. J'ai déjà embrassé une dizaine de pédés, je crois qu'il y en a un qui m'a même léché les seins. Sans faire la grimace. Il parait que les gens transpirent et renversent leur verre, que les toilettes sont toujours pleines, et dans l'ensemble, la sueur reste âpre et collante. On me prévient que je risque d'être sourde, pendant que je regarde un mec écouter de la musique dans un téléphone rouge. Je me souviens de cette fille qui avait des talons magnifiques et qui pensait qu'en fait, le mojito c'était plus alcoolisé. J'ai appris que j'étais vraiment géniale. C'est quoi mon prénom déjà? Et puis plus tard, un crème un peu trop chaud, en face de mecs pleins de maquillage qui coule, un whisky-coca à la main. Ils me sourient, je ne sais plus qui c'est, juste qu'on a parlé ciné au début et puis qu'ils ont finit par me parler de cul. Il y a un brésilien et un américain. Je pense que c'est un super plan drague de dire qu'on vient d'Amérique, parce qu'à Paris, il semble y avoir beaucoup plus de brésiliens-états-uniens-mexicains que de parisiens. Mais le résultat est le même, ils vont tous chez fripe star.Finalement, j'ai pas vraiment perdu mes chaussures, c'était une fausse alerte. J'ai pas vraiment rencontré des gens non plus. De toute façon, c'est déjà mes amis facebook, j'ai plus vraiment besoin de faire d'efforts. Et puis, vu que je me drogue pas, j'ai pas besoin d'attendre. Et de les écouter. En fait, je vais continuer à boire des menthes a l'eau.
Sur 1 de ces énièmes trajets pour aller au boulot. Laurence Wasser. Tout perd sens. Le wagon dans lequel je monte, la station à laquelle descendre, le regard machinal dans le reflet de la vitre du métro, la bouche dans laquelle je m’engouffre, les 18 marches (soit 2 fois 9 fois chaque pied), le virage à gauche, l’escalator, l’autre bouche, la 50aine de pas jusqu’à la même comptine « s’il vous plaît », la ligne 5, le tramway n°01, les 4 marches en béton, le code 12008, la lumière rouge qui clignote, la porte que je tire sans appuyer sur la poignée, les 8 premières marches, le virage à 90, les 9 suivantes, l’autre porte que je tire, l’autre virage à 90, le vestiaire des filles, le digicode glacé C3615, mon casier 74, la tenue. Je ne reconnaissais plus rien.
Laurence Wasser, Disco Banana, 2005, Les disques du succès
Sonia, mardi 30, 18h23 - So ? Il se passe quoi demain soir ?
LA FÊTE
Fabrice, mercredi 31, 13h12 - Certains d'entre vous ont-ils vu l'expo au grand palais? Impressionnant, à ne rater sous aucun prétexte. Fermeture définitive à 21h ce soir. Du coup je me demandais si ça vous dirait un before expo, genre rendez-vous à 19h? C'est entrée libre et pas de queue a priori, on peut se retrouver à l'intérieur. Pour l'apéro qui devrait suivre - et qui reste à préciser- il faudrait anticiper et que chacun ait prévu à boire pour ne pas galérer à la sortie du musée... Qui est branché? Et à part ça, des plans teufs?
Olivia, 13h25 - Un ralliement au grand palais pour la nuit des images me paraît être une exellente idée, pour la suite mobilisons nous! Un bilan autour de la proposition de Fabrice ferait avancer les choses, on répond et on voit. Des bisous les nounours!
Denis, 13h28 - Bande de malheureux, vous êtes pas fous ! Au cas où vous le sauriez pas, je vous signale que ce soir le temps humain va s'arrêter -une seconde ne s'écoulera pas- alors moi dans ces conditions pas question de mettre le nez dehors, on sait jamais ce qui peut arriver.
Sonia, 13h35 - Moi ça me branche assez!
David, 14h52 - Je viens d'apprendre que mon appartement accueille les sans-fêtes ce soir à partir de 20 heures pour boire et se répartir (après discussion logistique) dans plusieurs fêtes proposées dans les alentours...
Sonia, 15h15 - Fabien nous invite à passer au nouvel an du "Fridgidaire" où il passe des disques et où c'est à moitié pour les habitués, j'ai pas très bien compris. J'ai pas compris non plus si on payait ses verres, si on amenait sa liche ou quoi... Voilà.
Olivia, 15h26 - Et bien ça se dessine tout ça! Le plan frigo pourquoi pas? Il faudrait avoir de plus amples précisions... Ca risque d'être la boite à sardines cette affaire!
Sonia, 15h28 - Alors oui, c'est possible, j'ai cru comprendre que c'était "select" mais juqu'à quel point? Pas d'autre plan pour l'instant, anyway...
Denis, 15h45 - On peut faire une belote...
Olivia, 15h58 - Oh hey dis hein, ça ne fait pas avancer le schmilibilicghilblic tes histoires! Allez Denis sors toi les doigts!
Fabrice, 16h12 - Ok. donc on ne compte pas sur Denis, qui a décidé de ne pas être constructif. Bilan d'étape : 4 clients pour l'expo : Sonia, Olivia, Jacques et moi.
Denis, 16h20 - ...ou un double-mixte au ping pong.
Louise, 16h35 - Bon, j'interviens dans ce merdier : moi le grand palais pourquoi pas, mais à quelle heure? 19h? Je suis prise cet après-midi et ne serai pas de retour chez moi avant 18h. J'ai prévu d'acheter du rhum. On mange quand? Passer chez David, c'est bien. Le fridge, c'est une vraie piste. Gustave, t'es là?
Fabrice, 16h37 - Une belote coinchée au rouge, un double mixte à la vodka ou un quadrille à la 8.6, au choix. De quoi donner le ton de 2009. Ou un cover band des Ramones, à l'eau écarlate.
Sonia, 16h45 - Gustave est-il encore sur son île à regarder les oiseaux? Louise, si tu écoutais un tant soit peu Fredo, tu saurais que pour être plus bourré et plus vite, on ne mange pas.
Olivia, 16h55 - Ok, bon Louise tu as le temps d'arriver au grand palais pour 19h, c'est cool. Pour répondre précisément, je lance un apéro-bouffe (participation logistique et financière de tous exigée) à l'appart' pour ceux et uniquement ceux qui seront de la mission grand palais ; C'est le 31 on peut se lâcher un peu et prendre des makis chez un jap' et le rebeu près de chez moi vend du pain de mie! Bon voilà, à vous de voir...
Olivia, 16h58 - Au fait en parlant de Fredo, ce serait gentil de le rajouter dans la liste, pour l'instant je me fais chier à lui transférer les mails car je suis palmée et je ne sais pas ajouter un nom. Help!
Louise, 17h03 - Longtemps je me suis bourrée de bonne heure... Maintenant j'en ai marre! En tout cas l'opéra bouffe chez Olivia me chouffe bien. Il y aura des citrons verts et de la menthe avec le rhum...
Olivia, 17h10 - Cool, c'est bien mais ça ne suffit pas. Je ne peux pas tout gérer alone, alors on dit quoi? On dit qui? On dit combien? Je peux aller commander des trucs vite fait et faire deux trois courses mais je compte sur vous pour être précis si ça vous tente. Merci les mignons!
Olivia, 17h11 - Donc qui dit chez David? Qui dit chez moi? Qui dit quoi?
Sonia, 17h15 - I say chez toi. I say j'ai pas assez de maille pour une orgie de jap'. I say j'ai bien aimé tes mojitos d'Aubervilliers, je veux bien apporter de quoi en refaire.
Fabrice, 17h20 - Je veux bien prendre une petite heure avec toi Olivia pour faire des courses et préparer à bouffer, on demandera une éventuelle participation aux convives plus tard. Et pour la picole, que chacun amène quelque chose, ça me semble le plus simple... Moi j'amènerais bien quelques mousseux.
Olivia, 17h30 - Bilan: Apéro bouffe chez moi pour les croqueurs d'images. Fabrice et moi nous nous chargeons de la bouffe cet aprèm', JP se charge de la petite surprise et vous les amis amenez donc de quoi boire. Très good idea de persister au mojito Sonia ; Comme Louise amène menthe et citrons, prends du sucre (soit roux en poudre soit sirop de sucre de canne), du perrier, et un rhum bien entendu. Les autres faîtes comme bon vous semble, bières ou ce que vous voulez! Ipod et cordon (pour le brancher sur la chaîne) bienvenus! A tout' les friends!
Si t'es tranquille en terrasse à boire un bon Gini et que tu vois des mecs en mini-shorts, avec des t-shirts humainement impossibles à porter, qui se mettent à faire une pyramide humaine sans raison... il y a de grandes chances qu'ils soient membres de Sexual Earthquake in Kobe. Ce truc, c'est un groupe de dance-punk à cris aigus, sorte de mélange entre The Faint, The Rapture et At The Drive-in. J'ai rencontré Charly et Myd au festival de Dour où on a parlé de Dance music des années 95 autour d'une table de camping. Mais, en réécoutant la bande, je me suis rendu compte que la basse d'un groupe de Dub qui jouait à 100 mètres recouvrait le tout. C'est con. Du coup j'en ai fait une autre par email. En fait, tout ce que je voulais savoir c'était si ça les gênait d'être pris pour des phénomènes de foire. Apparemment pas trop.
Bon, on recommence, alors tout d'abord, pourquoi vous faites une musique aussi bizarre ? Charly (chant): Bizarre ? On fait de la pop music mec ! Enfin j'en sais rien. On fait notre truc avec des influences pop et expérimentales. Moi ça me plait, pas toi Tyler ? Tyler (guitare): Je vois pas où est le problème dans le fait qu'on fasse du punk-rock. Myd (synthé): Si t'as trouvé ça bizarre c'est que t'as jamais écouté East 17...
En parlant de l'époque d'East 17, à l'école vous ressembliez à quoi ? Charly : J'étais un goth de merde qui passait son temps à martyriser des petits chats. Depuis, et avec l'aide de Myd, j'ai appris à les aimer. Merci Myd. Tyler : Moi j'étais cool, j'avais un blouson de quaterback, et j'allais dans des fêtes parfois. Myd : J'étais au club électronique, informatique et échecs. Je fabriquais mes propres synthés après les cours de technologie.
D'ailleurs, vous vous êtes rencontrés comment ? Charly : Je m'ennuyais, ma vie ne valait pas le coup, j'avais donc envie de chanter tout ce désespoir. Une amie de l'époque m'a fait rencontrer Myd. On était peut-être un peu méfiants au début, on était des étrangers l'un pour l'autre. Tyler, lui, je l'avais rencontré 2 ou 3 ans plus tôt dans un concert de néo-métal. On était devenus très potes. Alors quand on a eu envie d'être trois avec Myd, on l'a appelé, c'était dans l'ordre logique des choses.
Et c'était quoi l'intérêt de monter un groupe, ça vous a apporté quoi ? Charly : On peut boire des sodas sans payer, on peut regarder des filles sans trop se sentir gêné. Sur scène on peut même faire des trucs qu'on ferait pas habituellement. J'ai jamais connu pareil bonheur, ou peut être à 13 ans lorsque j'étais à l'apogée de ma carrière de rugbyman. Tyler : En fait ça m'a surtout apporté des ennuis, et un début de désocialisation. Mais en parallèle ca aide pour les bails.
Bon, d'accord, mais au final c'est pas trop nul d'être à Lille alors que vous pourriez être dans une belle ville, où il y aurait pas trop de ska ? Charly : En fait moi je vis dans le ghetto, pas vraiment à Lille. Je m'ennuie ici, je sais pas ce qui me pousse à rester. En tout cas quand je vois Paris, et la plupart des villes, je suis content d'être ici, il se passe quand même pas mal de choses. Paradoxalement, j'aime aussi beaucoup Bruxelles et Berlin. Et pourtant là-bas, il y a pas de ska.
Avec un nom comme ça, vous deviez forcément être de gros obsédés qui dessinaient, en amphi, leurs profs et leurs camarades, nus, dans des positions inconvenantes. Myd : Quand tu es nu, tu n'es pas dans une position inconvenante. Au contraire tu te sens retourner dans la jungle. En 6ème j'ai pris une colle pour avoir écrit et dessiné des trucs sur une fille. Je peux pas dire quoi, si je raconte ça il parait que ça s'appelle de la pédophilie.
Et alors c'est quoi l'objectif principal de votre musique ? Charly : Nous voulons faire honneur aux crinières de lion avant tout ! La France c'est un si vieux pays. On l'aime et on le déteste. Comme nos propres vies. Myd : Oui, c'est comme un vieux lion, il a l'air nul mais en fait il peut te tuer. Tu sais qu'un char Leclerc peut tirer en avançant à 70km/h ?
Ah, non.
« Crinière de Lion », le premier maxi de Sexual Earthquake in Kobe, est sorti en novembre sur le label Nukod.
Late of the Pier c’est pas de l’électrorock, c’est de l’électro-rock. Avec un tiret.
Je m’explique :
L’électrorock est le résultat d’une fusion, d’une dilution. Ca donne un nouveau genre, un nouveau principe. Comme l’hydrogène au contact de l’oxygène.
L’électro-rock, avec un tiret, c’est vraiment de l’électro, et c’est du pur rock. Qui se côtoient sans jamais faire la synthèse. Une dialectique permanente. Comme de l’huile dans de l’eau.
Bon OK, Late of the Pier, est quand même un peu plus pop qu’électro. Je me suis emballé. Mais la musique permet d’édifier des théories fumeuses. Elle ne mène qu’à ça. Théoriser la musique c’est absurde de toute façon, nan ? Si on a inventé la musique c’est pour exprimer des choses indicibles. Alors pourquoi en revenir au langage ?
Anyway, essayons de toucher l’indicible.
Late of the Pier a écouté Gary Numan et Devo, je pourrais le jurer - new wave synth pop.
Late of the Pier possède des CD cachés de Queen, et la BO du Rocky Horror Picture Show.
Comme tous les gens de son âge, Late of the pier connaît les Strokes par cœur.
Late of the Pier kiffe aussi des choses un peu plus méchantes, peut-être McLusky.
Valse malsaine à la Stranglers, choeurs Supergrass-iens, stomping genre T-Rex, intonations à la Sparks. Voilà pour les ascendances.
Mais surtout, Late Of The Pier invente. Vraiment. Aux 2/3 de la chanson, on trouve tout ça absurde, on est décontenancé, mais quand la dernière note a sonné… on a l’impression d’avoir entendu quelque chose de beau, de cohérent et de novateur. Le tout n’est pas la somme de ses parties, comme dans la plupart des pop songs.
On est même surpris d’entendre la chanson suivante qui commence, tellement on a eu l’impression d’assister à unphénomène d’autoconsummation. Leurs instruments n’ont pas fondu là ? Comme dans la vidéo de « Focker ».
Un tourbillon.
Late of the pier est outrancier, mais de manière resserrée, sans cynisme.
Late of the Pier est généreux: ils ont offert leur 1er album démo, Zarcorp Demo, en téléchargement libre.
Late of the Pier… leur nom ne veut strictement rien dire (a pier = une jetée, un embarcadère).
De loin, on dirait un de ces énièmes british rock band, paré de mèches et de synthés. Mais à y regarder de plus près Late of the Pier dégomme 7 années de dance-rock, récupère les codes du genre et les brûle. Ce sont de beaux gosses ratés, un peu trop hyperactifs: Late of the Pier se moque des minets qui font la couv’ du NME. Ils proposent des vidéos absurdes : Late of the Pier nique les clips arty, trendy, chiants. Ils cassent les rythmiques, et déconstruisent les structures : Late of the Pier emmerde la dance calibrée pour le Social Club.
Et je ne veux plus jamais tomber sur une de ces comparaisons avec les Klaxons !
Les Klaxons sont mielleux, laborieux et prévisibles. Late of the Pier est rêche, exalté, et surprenant.
Et puis j’aime bien cette phrase du chanteur, Sam Eastgate, à propos de leur musique : « On explore ce qui ne se fait pas, en essayant de comprendre pourquoi ».
LATE OF THE PIER - « Fantasy Black Channel » (Zarcorp / Parlophone / Because)
carré hermes vendu a l'occasion de la fête au bénéfice de l'Unicef
A l’occasion de la Journée des Droits de l’Enfant, la Maison Hermès organisait « La fête de la couleur » et nous invitait à une réception nocturne dans le jardin des Tuileries au profit de la scolarisation en Afrique. Bon nombre des convives avaient respecté le dress code, à savoir passer plus de trois heures à faire les fonds de tiroirs de leurs garde-robes à la recherche de vêtements oranges et roses, les couleurs de la soirée. L’imbitable communiqué envoyé par l’attachée de presse la veille promettait un spectacle son & lumière grandiose, une féérie d’illuminations dans les sous-bois du jardin et sur la grande roue de la place de la Concorde, un « moment d’exception » (je cite). Un sentier balisé par des lampes tempête nous menait jusqu’à la salle de réception en préfabriqué (du style de celles des mariages bourgeois) en passant par la « Clara Clara » de Richard Serra. Les « pinceaux de lumière » si attendus n’étaient rien d’autre que de simples spots éclairant tour à tour le ciel et les arbres du parc aux couleurs de l’arc-en-ciel. A l’entrée de la construction, deux malheureux graffeurs devaient réaliser une fresque aux couleurs de la soirée sur le thème des enfants africains. L’association incertaine du rose et du orange était partout présente, et ce jusqu’à l’écœurement. Les décorateurs (dont Valérie Damidot ?) avaient poussé le vice jusqu’à mettre dans les cendriers extérieurs une empreinte de main d’enfant dans du sable coloré. Se succédèrent sur la scène des danseurs en justaucorps orangés, un ensemble de jazz reprenant des grands standards internationaux façon musique d’ascenseur et la projection d’un dessin animé non-animé et en noir & blanc par le réalisateur de Kirikou. Lorsqu’Ariel Wizman et Martin Solveig firent leur apparition aux platines, on eu le sentiment d’avoir définitivement touché le fond. Le buffet signé Lenôtre était quant à lui royal : une débauche de champagne, des coquilles d’œufs remplies de mousse de foie gras, des fontaines de chocolat fondu, des hamburgers miniatures, des crêpes, des cornets de frites, des tasses de mousse au chocolat blanc, des plats de pâtes, des chamallows à la banane, des religieuses au café et même du bouillon de bœuf ! De petits carrés Hermès couverts de dessins d’écoliers parisiens pendaient du plafond. Les murs accueillaient des portraits d’enfants (tous blancs) barbouillés de tâches de peinture par la photographe d’Etat Bettina Rheims. La marque de maquillage MAC offrait des fards à paupières acidulés importables, à par peut-être par les sosies de Donatella Versace qui se promenaient ce soir là avec des foulards noués sur la tête, les faisant ressembler à des travestis sous chimiothérapie. Le photographe officiel de la soirée faisait poser des groupes de jeunes gens « riches et beaux » qui finiront sans nul doute dans les pages people du magazine Gotha. Les célébrités étaient quelque peu éventées : on croisa tout juste Charlotte de Turckheim et Péri Cochin… La soirée « Chic Tiers-Monde » (beaucoup plus chic que Tiers-Monde) finit pour nous vers 1h30 du matin lorsque le rédac chef du magazine Palace (Costes) nous prit en photo nous embrassant à quatre derrière un arbre. Rue de Rivoli, sur le chemin du retour, c’est quelque peu gêné que je devais affronter les regards insistants des passants qui croisaient ma route, alors que j’avais le visage recouvert de maquillage rose pailleté.
" Quand on nous critique ça nous aide à avancer aussi."
C'est bien connu, à Paris tous les vrais branchés détestent Minitel Rose. Ce groupe est devenu un véritable running gag chez les stagiaires en tout genre. Le chanteur Raphaël passe pour être la plus grosse tête à claque du 4-4. Avec sa mèche là. Et les deux autres on ne t'en parle pas. Tout le monde les a vu mais personne ne s'en souvient. Personne n'écoute mais tout le monde connaît. D'ailleurs ce que nous prenions pour un simple .gif myspace enchaîne les lives, remixe les Teenagers et joue au Bal Jaune, fête de cloture de la FIAC, soirée la plus courue de la rentrée.
Alors quoi? Haine anti-province? Vrais Connards? Jalousie de base? Imposture du siècle?
On a tenté de se renseigner à la source...
Vous saviez pour toute cette haine? Quentin : Non, nos concerts parisiens se sont toujours très bien passés. Et après celui de Nantes le public parisien est surement celui qui nous soutient depuis le plus longtemps. Après il y a toujours cet ancestral match Paris vs Province mais est-ce que c'est vraiment intéressant d'y participer...
Raphael : On fait de la pop avec beaucoup de plaisir et sans aucune prétention, ça plaît à pas mal de gens, ceux qui n'aiment pas, il leur reste juste des milliers de groupes à écouter. J'ai toujours été très admiratif des gens qui ont du temps pour critiquer la musique qu'ils n'aiment pas, je n'ai pas cette chance.
Une explication? R : Si on parle de ce magazine en particulier, alors je dois dire que j'aime beaucoup, d'ailleurs quand j'ai lu la chronique, je me suis empressé de la mettre sur myspace car j'en étais très fier. Après l'édition française de la revue n'est pas la meilleure. Je pense qu'ils sont surtout bons pour les photographies et le garage.
Q : La chronique en question est centrée sur notre coté provincial , notre pote Anoraak (de Nantes également) a eu le doit au même sort par le même mec. Le type en question nous taille sur le coté 80's alors que son pseudo est Felix "Atari". Bref cette chronique nous a plus fait de la pub qu'autre chose en fait car honnêtement qui prend les chroniques de Vice au sérieux?
Quel est votre positionnement par rapport aux "branchés"? Q : Il faudrait déjà savoir qui ils sont. Les branchés t'encensent quand ils sont seuls à te connaitre et quand tu commences à être connu ils passent à autre chose. On ne ressent pas d'animosité envers le groupe. Des gens aiment d'autre pas c'est pareil pour tous les groupes.
R : Quand tu es branché c'est que quelque part tu commences à devenir un peu has been, on s'est toujours positionné dans un univers décalé. Si on voulait faire de la musique pour plaire à tous ceux qui s'estiment branchés, on ferai effectivement quelque chose de très différent. On plait à certains, à d'autres non, tout va bien.
A quel moment avez-vous commencé à vous prendre au sérieux, si tel est le cas? Q : On ne se prend pas au sérieux même si notre musique est sincère et on aborde nos live de la même façon qu'on joue au Social Club ou dans un bar de Reims. Au-delà de ça on est juste trois potes d'enfance qui prennent leur pied à faire des concerts un peu partout.
R : une musique pop et dansante ne deviendra jamais sérieuse. Le jour où on voudra être sérieux dans Minitel Rose, il faudra qu'on passe à autrechose.
Combien de temps les gens ont-ils mis pour comprendre que vous étiez un vrai groupe et non pas une private joke ou un spam? C'est plutôt à toi de nous le dire.
Quel est votre plan pour conquérir le monde? Q : 1/ Ajouter Obama en ami sur Facebook
2/ lui envoyer des mails sympas
3/ Aller lui rendre visite
4/ Maquiller Romain en Obama
5/ Remplacer discrètement Obama par Romain
R : laisser plutôt le monde venir nous conquérir.
Lequel d'entre vous a eu l'idée du violet? Q : La pochette à été réalisée par Zonders, on lui a laissé faire ce qu'il voulait et on était finalament super content de ce qu'il avait fait.
Lorsqu'on est le groupe le plus ringard du moment, ça fait quoi de partager l'affiche avec la caution morale de Vice (Adam Kesher) ? Q : Adam Kesher est un super groupe, ils défoncent sur scène et ce sont de vrais fous en dehors de la scène.
On a joué deux fois avec eux et ça a été à chaque fois de supers soirées.
Raphael : notre musique est très différente, mais ça ne nous empèche pas de jouer et de faire la fête après ensemble. Le groupe le plus ringard c'est presque trop d'honneur.
Etes-vous revanchards? Q : Bien sur que non on est gentil. Et on adore Atari alors on ne va pas en vouloir à un mec qui a choisi ça comme pseudo.
R : En fait on s'en fout, notre musique fait plaisir à tellement de gens, c'est déjà énorme, elle nous permet de vivre des moments forts, si on était pas critiqué je m'inquièterais vraiment. On est un jeune groupe, c'est ça que beaucoup de gens oublient, quand on nous critique ça nous aide à avancer aussi...
J'ai entendu dire que vous bossiez sur un remix posthume de Pravda... Q : ... (je trouve cette question pourrie)
R : Tu as mal entendu dire. On a fait pas mal de remixes ces derniers temps, on commence à les mettre sur le web au fur à mesure.
Question Bal Jaune. Vous êtes plutôt Bruno Peinado ou Mathieu Mercier? Q : Bal Jaune = Ricard et Philippe Vandel rien d'autre.
Finalement de qui se moque-t-on à Nantes? Q : Du hangar à bananes, ça te dit quelque chose ?
Balzac est un mec cool. La parution du livre de Michael Lucey, Les ratés de la famille : Balzac et les formes sociales de la sexualité (2), nous permet de rappeler à quel point la personnalité de l'écrivain était éloignée de l'image véhiculée pendant des années, celle d'un conservateur, d'un moraliste acharné. En effet Balzac semble au contraire avoir privilégié dans son oeuvre l'expérimentation, la polémique, le questionnement implicite envers la famille bourgeoise. Dans son ouvrage Lucey démontre comment l'auteur, sociologue avant la sociologie, s'est attaché à décrire et à tenter d'analyser les individus les plus marginaux, particulièrement du point de vue de leur sexualité, tout en se gardant d'émettre un point de vue.
Si l'homosexualité de Balzac est loin d'être avérée, il est certain qu'il connaissait parfaitement la subculture "gay" de son époque, celle de certains cercles aristocratiques ou d'une partie de la bohème littéraire, dont les pratiques étaient codées mais connues, parfois presque publiques. Peut-être est-il même possible d'assimiler le point de vue d'Henri de Marsay, célèbre débauché du feuilleton balzacien, à celui de l'auteur. "Comme aucune des corruptions sociales ne lui était inconnue et qu'il professait au sujet de tous les caprices une parfaite indifférence, il ne s'effaroucha pas du vice" (3).
Balzac décrit ainsi au fil de son oeuvre toute une série de personnages hors-norme, de Lucien de Rubempré (4), icône gay avant l'heure, dont la disparition émouvra Proust et Wilde (5), à Paquita, La Fille aux Yeux d'Or, courtisane bisexuelle. Il y a aussi Vautrin, le bagnard en fuite, la force de la nature qui tente de prendre tour à tour sous son aile Rastignac et Lucien (6) pour les aider à parvenir. L'attachement qu'il leur porte est à la fois celui d'un père pour son enfant, d'un démiurge pour sa créature et d'un homosexuel d'âge mûr pour un jeune homme. Vautrin confiera d'ailleurs que "la femme n'est belle que quand elle ressemble à un homme" (7). Le cousin Pons, vieux célibataire, est lui aussi, à sa manière, membre de la "mythologie queer" balzacienne. Cet homme pauvre, bon et naïf, méprisé par sa famille, vit seul avec son fidèle ami Schmuke, qui l'accompagnera jusqu'à la fin, faisant preuve d'une tendresse dénuée d'ambiguité. "Schmuke en ramenant, le soir, vers minuit, Pons au logis, le tenait sous le bras ; et comme un amant fait pour une maîtresse adorée, il indiquait à Pons les endroits où finissait, ou recommençait le trottoir." (8) A sa mort, le vieil homme ne peut léguer son héritage à son compagnon, privé de tout statut juridique. Les parents resurgissent alors pour s'approprier le trésor et chassent Schmuke, paria terriblement contemporain. Aïe.
Oui Michael Lucey nous le confirme, Balzac c'est frais, et ça parle de toi, des fois.
(1) Vautrin dans Le Père Goriot
(2) Michael Lucey, Les ratés de la famille : Balzac et les formes sociales de la sexualité, traduit par Didier Eribon aux éd. Fayard, Paris, 2008.
(3) voir La Fille aux Yeux d'Or
(4) voir Splendeurs et Misères des Courtisanes, on peut d'ailleurs imaginer que Lucien fait partie de ces courtisanes
(5) “One of the greatest tragedies of my life is the death of Lucien de Rubempre. It is a grief from which I have never been able completely to rid myself. It haunts me in my moments of pleasure. I remember it when I laugh.” Oscar Wilde
(6) voir Le Père Goriot et Splendeurs et Misères des Courtisanes
Il parait que Jay Reatard est un connard, dans la vraie vie. Il vole des vêtements chez les gens qui l’hébergent et traite tout le monde comme de la merde, y compris ses musiciens.
Mais on s’en fout. Il fait de belles chansons.
Avant, Jay jouait dans les Reatards, ce groupe de garage punk lo-fi où tout le monde porte le même nom : Steve Reatard, Elvis Reatard… comme les Ramones. Mais les Reatards ne faisaient pas de belles chansons.
Avec the Lost Sounds, son groupe suivant, on sent que Jay commence à trouver sa voie. Fini le rock brouillon à la Oblivians pour trentenaires avides de collectors inécoutables. Arrivée d’un clavier… on est plus proche de Pere Ubu et de Wire, que de Goner Records. Mais les chansons sont pesantes.
Nan.
C’est « Blood Vision », en 2006, qui change tout. Ca y est, là, c’est beau.
Jay s’est trouvé, il est à l’aise, il a 30 mais chante comme un adolescent, il règle ses problèmes personnels, il a quitté l ‘école à 15 ans, à la maison ça se passait mal, compos limpides, guitares mordantes, amertume, agressivité.
- il paraît que sa famille c’est ses disques
- on dirait Dexter sur la pochette
- c’est new wave un peu, nan punk, vrai punk rock originel, tu vois, Joy Division à leurs débuts étaient plus punk que les Sex Pistols en quelque sorte
- y’a du Devo quand même, c’est vrai qu’il fait tout, tout seul ?
Oui. Jay enregistre tous les instruments tout seul.
Et ses disques sont meilleurs que ses concerts. Du coup.
Jay écrit une chanson par jour, à la fin de la semaine il en garde une seule, puis, à la fin du mois, il prend la meilleur et la sort en single.
Et puis il y a cette tension rétro/nouveau. On peut lui trouver 1000 influences, mais on ne peut s’imaginer aucun groupe jouer ce qu’il fait. Pourtant ses chansons sont très simples, même les Hives sont plus tordus. En fait je crois qu’il a trouvé les chansons simples les plus durs à composer.
Jay Reatard a des pouvoirs magiques : il rend les journalistes meilleurs. Grâce à lui, on a pu lire une chronique bien écrite, drôle et intéressante dans Rock & Folk !! (à propos du disque « Matador Singles '08 », Rock & Folk no 495)
Matador records. Signé cet année. Pas mal. Yo La Tengo, Mogwai, Cat Power… Quand on signe chez Matador, on devient un gros groupe indie. Mais un groupe indie n’a jamais dormi par terre sous la scène complètement saoul, un groupe indie connaît des gens dans la mode et a toujours répété dans un beau local confortable. Nan, Jay est peut-être pop, mais ne sera jamais indie. Ses T-shirts sont trop mal taillés.
Jay se soigne par le rock. Et c’est beau de voir un ami guérir. Sa musique s’éclaircie avec le temps. Après le blues thrashy désaccordé : le punk rock inspiré, chatoyant. Et maintenant ? Place à la pop orchestrale? D’après Jay, le prochain album inclura de l’orgue, des mandolines, un violoncelle, et beaucoup plus de choeurs et d’harmonies. Ce mec emmerde les puristes. Ce mec dédie sa vie à la quête de la pop song ultime. Ce mec me plaît. Ecoutez ses disques.
What music did you listen to back in high school? “I didn’t go to high school!”
Blood Visions (album, 2006, In the Red)
Singles 06-07 (compilation, 2008, In the Red)
Matador Singles 08 (compilation, 2008, Matador)
"Pour moi c'est un ensemble de pièces qui, comme dans un puzzle, se juxtaposent les unes aux autres. L'ensemble reconstitue quelque chose, mais quoi ? C'est ce que j'ai encore du mal à déterminer. On retrouve néanmoins l'expression d'une sensibilité, d'une manière particulière qu'ont les auteurs de percevoir leur environnement. On le sent bien. Les textes sont écrits dans une langue efficace, "branchée", avec notamment ces termes anglosaxons... Mais attention je ne dis pas que c'est du verbiage ! C'est compact, c'est dense, c'est au présent. Bon par contre j'ai fait des petites croix là où il y a des fautes d'orthographe. "Il a téléchargés", il a mis "és", c'est une étourderie je pense... "Les groupes ont splittés", pareil... Les articles informent ou critiquent, il y en a aussi qui dénoncent légèrement certains excès, par exemple celui sur le jeu télé. Dans ce texte il y a beaucoup de didascalies mais je pense que c'est voulu non ? Ca fait un peu penser à des pièces modernes... Il y a assez peu de texte parce que finalement les intéressés n'ont jamais vraiment la parole, d'ailleurs c'est peut-être le sens du titre, "Motus". (...) Il y a beaucoup de descriptions humoristiques d'individus, de caractères. Il peut s'agir de voisins comme de ta mère qui parle de la cuisine, ce sont aussi ces gens qui cherchent des rencontres, il y en a pour tous les goûts tous les styles. Je ne sais pas si tu les critiques. Tu prends acte. Toujours est-il qu'on a une approche en creux, je ne sais jamais si c'est convexe ou concave... Je l'avais noté d'ailleurs, j'ai mis "des textes qui sans le dire informent". On ne dit pas "je vais vous parler de" ou "je pense que", non, on ressent quelque chose, c'est en creux oui. (...) Moi je ne me ferai jamais tatouer, après ça ne me gêne pas chez les autres. Les tatouages évidemment ce n'est pas nouveau mais je ne vois pas bien ce que ça apporte. Moi si un jour je devais le faire je pense que je ferais un petit truc discret, qui me suffirait pour marquer mon appartenance à quelque chose, mais pas un machin comme ça ou un piano. D'ailleurs ça me fait penser - ça n'a rien à voir c'est stupide - à cette femme qui suite à une opération récolte une cicatrice sur la fesse et qui demande à son médecin "est-ce que ça se verra docteur ?" Le chirurgien répond " Ca dépendra de vous madame". Je crois que personnellement j'aimerais mieux le garder pour moi mon tatouage. (...) Je peux dire les textes que j'ai préférés ? Objectivement - je ne suis pas là pour te passer la pommade rassure-toi - je mettrais à égalité les textes de Capet et les tiens. Je les trouve nerveux, compacts, ça accroche bien le lecteur, il y a un certain humour. Ah oui Motus je l'ai aimé aussi celui-là. Ah et le dernier sur les expos, qui est signé Tapette. Il est marrant et puis il est bien écrit quand même, je me suis amusé à lire ça.(...) Concernant la cuisine je pense qu'il y a un peu de moquerie à l'égard d'une "ménagère de plus de cinquante ans" pour employer la formule, enfin à l'égard de quelqu'un qui réalise un souhait, assez matériel finalement ; même si elle est contente et c'est l'essentiel. On rit gentiment de cette femme qui manifeste des "prétentions" artistiques... De plus on passe bien du particulier au général, plein de femmes ont ce genre de désir, Chantal n'est pas un cas isolé. (...) Tu repars quand à Paris ?"
propos recueillis par Mathieu Chausseron auprès de Gérard Chausseron